cms joomla 1.5 [ Croquis ] expert cms joomla - réalisation de template cms joomla! 1.0 - joomla! 1.5.

cms joomla [ Croquis ] Publications Le métier d'infographiste
Imprimer Envoyer

Le métier d'infographiste

Interview pour le Siep :

Ivan Lammerant est un passionné de l’image. Illustrateur de formation, il n'a jamais cessé d'exercer ce métier qui lui plaît et grâce auquel il peut faire rêver les grands et  les petits.  S'il n'a jamais perdu de vue son premier amour  de l’illustration, il n'en est pas moins à la page en matière d’infographie. Infographiste freelance, il s'est formé au Canada avant de revenir prêcher la bonne parole à la Haute École Albert Jacquard où il dispense un enseignement résolument pragmatique.

Le néologisme "infographie" représente une réalité relativement floue, comment la définiriez-vous?

Nées de métiers en voie de disparition (typographe, dessinateur, ), les nombreuses spécialités de l'infographie ont toutes un dénominateur commun: l'image.

En effet, même si le métier requiert toujours plus de pré-requis techniques, un infographiste ne peut se passer d'une vision plastique et d'un talent créatif. L'infographie, n'est rien de plus qu'un outil supplémentaire, pour le graphiste du 21e siècle. Une méthode de travail actuelle. Profession un peu "fourre-tout", une définition de l'infographie est malaisée d'autant qu'il n'existe toujours aucun accès à la profession. Quiconque peut donc s'autoproclamer infographiste.

Ces jeunes que vous formez à la Haute Ecole Albert Jacquard constituent une des premières générations sanctionnée d'un diplôme d'infographie. Vous esquissez donc à votre échelle le futur de l'infographie belge?

En effet, la majorité des enseignants actuels sont des autodidactes et nous formons les infographistes d'aujourd'hui et les enseignants de demain. Dans la majorité des cas, les professionnels actuels du secteur ont acquis leurs compétences de façon empirique et au fil de la pratique sur base d'une formation associée (illustration, programmation, ...). Nos étudiants bénéficient donc de la masse de nos expériences et sortent de l'école avec un bagage académique beaucoup plus important et ciblé. A partir de là, il est de leur responsabilité de rester pro-actif et de se maintenir constamment à la page.

Justement, la pro-activité n'est-elle pas une des premières règles à s'imposer si l'on veut réussir dans ce métier?

Absolument. A l'instar d'autres secteurs où le rythme des innovations technologiques est très soutenu, il est inconcevable de s'en tenir à ses acquis surtout en tant qu'indépendant. Tout jeune désirant se lancer dans la profession doit se résoudre à rester toute sa vie en formation ainsi qu'à l'écoute du marché et de ses tendances. Il est donc très important d'être passionné car la curiosité coulera alors de source.

Qu'est-ce qui vous a poussé, comme beaucoup d'autres, à vous installer comme "freelance" ?

Chaque année, de nouvelles vagues d'infographistes compétents arrivent sur le marché du travail et face à cette pléthore de main-d'œuvre les employeurs sont en position de force. Aussi, nombreux sont ceux qui par soucis d'économie dans un contexte de restriction structurelle préfèrent engager de manière ponctuelle via des contrats à durée déterminée (COD). Ce type de sous-traitance tend à se répandre de plus en plus. En outre, les entreprises, étant de plus en plus frileuses à investir dans des budgets d'agences élevés, iront plus facilement vers un indépendant pratiquant des prix plus concurrentiels. Plus personnellement, mon statut d'indépendant m'a permis de m'investir à temps plein dans l'enseignement. Je peux ainsi partager mon expérience et communiquer avec d'autres passionnés en herbe ou professionnels. Enfin, en tant qu'indépendant, je ne suis tenu de répondre qu'aux exigences du client et non plus à celles d'un patron.

Vous êtes indépendant mais vous ne travaillez néanmoins pas seul?

En effet, j'ai crée le site "www.croquis.be" afin d'assurer la visibilité de mes activités mais je ne peux malheureusement répondre à toutes les demandes. Je sous-traite donc à mes collaborateurs les tâches ne relevant pas directement de mes compétences. Tous passionnés et indépendants complémentaires, nous pouvons offrir une vaste gamme de services et cette organisation en réseau nous permet de minimiser nos coûts et d'offrir des prix concurrentiels. Ce type d'association de fait est très courante dans le secteur.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune souhaitant devenir infographiste ?

Avant tout, il doit être passionné. Il faut également être doté de créativité. De nombreux jeunes pensent que les métiers de l'infographie relèvent essentiellement de l'artistique mais c'est de moins en moins vrai. En effet, les professionnels doivent acquérir de solides compétences en programmation et des connaissances techniques pointues des logiciels.
La maîtrise des langues, surtout l'anglais, est également un atout important. J'ajouterais qu'il faut savoir se vendre et avoir de bonnes capacités de communication.
Enfin, il ne faut pas avoir peur de se remettre régulièrement en question et se maintenir constamment à la pointe des nouvelles technologies.

Une anecdote pour clôturer?

Elles sont nombreuses mais une me semble plus instructive que les autres et pourrait faire figure de parabole. Quand je travaillais à Québec en tant qu'employé, je me suis vu proposer une offre de travail dans l'enseignement. La seule condition était de répondre immédiatement. Passant de 10$ à 40$ de l'heure, la réflexion fut courte et je démissionnai dans l'heure. A peine franchie la porte de l'agence qui m'employait, le téléphone sonnait pour me dire que la proposition n'était plus valable et je me retrouvai sans emploi!
Cette mésaventure illustre malheureusement une certaine tendance des jeunes professionnels à en vouloir toujours plus, plaçant la qualité créative du travail après le niveau salarial et les avantages.