Potentiels pédagogiquesPotentiels pédagogiques

Ce renouveau dans l’enseignement au niveau des méthodes pédagogiques originales ou de l’utilisation de nouvelles technologies, ne doit pas nous faire oublier les objectifs de l’apprentissage. Les TICE sont la pour mettre en place de nouveaux outils ou dispositifs favorisant l’apprentissage, venant donner une valeur ajoutée indéniable aux techniques plus anciennes.

Au fil de mes lectures, quelques visions des TICE...

Marcel Lebrun (3) une référence belge en matière d’étude des TICE, souligne un point primordial dans son article « Enseigner et apprendre en ligne » rédigé en introduction à Icampus (4) et Claroline (5):

« …les outils technologiques manifestent de la valeur ajoutée dans des dispositifs pédagogiques, actuellement bien référencés, ...Comment construire des méthodes et des dispositifs concrets sans une bonne image des facteurs (ceux qui font) l’apprentissage ? Le souci de favoriser l’apprentissage et de mettre en place des méthodes pédagogiques pour le favoriser nécessite donc une bonne compréhension du mécanisme d’apprentissage (même si cela paraît évident, cette évidence est trop souvent oubliée dans les faits). »

L’idée principale de ce projet est de « favoriser « l’entrée » des enseignants dans des dispositifs innovateurs »

Dans le même sens Madame Dupuis - ancienne Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, déclare ceci dans un article présentant le projet Form@ETICE (FUNDP, Namur, Belgique) :  

« …Face à ce défi, il m’est apparu fondamental de former valablement les enseignants. Les compétences qu’ils devront impérativement maîtriser sont multiples: utiliser ces nouvelles technologies de manière critique, inventive et rigoureuse, chercher et évaluer l’information, créer des environnements d’apprentissage interactifs mais aussi coopératifs, devenir l’accompagnateur d’apprentissages et non plus dispensateur de savoirs… Ce nouveau rôle de l’enseignant accrédite l’idée que le savoir n’est pas donné mais construit. Il démontre par la pratique que cette construction est d’autant plus valable, d’autant plus riche qu’elle résulte d’un travail collectif. Les technologies ne peuvent être une fin en soi, elles sont des outils qui répondent aux besoins d’un projet éducatif et social préalablement défini. Elles ne justifient pas l’action éducative, elles l’alimentent… »

Romiszowki, lui, déclare ceci, « Le matériel pédagogique est utilisé pour conserver et/ou transmettre des informations ; dans cette optique, il peut aussi bien servir de déclencheur et de soutien à l’enseignement, qu’aide à l’évaluation des connaissances et au développement d’habilités, ou encore, il peut être utilisé à titre d’enrichissement, de diagnostic, de renforcement, etc… »
On le voit : il existe un consensus, que je partage, sur l’apport des nouvelles technologies et la manière d’envisager l’utilisation des TICE. Elles ne constituent pas une fin en soi, mais viennent en support, en renfort à l’enseignement dit « traditionnel », enrichissant par de multiples fonctionnalités l’action éducative.

Mais que recouvre exactement le terme TICE ?

Les TICE ? Un vaste domaine

Le terme TICE peut englober différents supports pédagogiques :

Selon N.Lebrun (6) dans « pour une approche multimédiatique de l’enseignement »
Collection Education- Montréal - Québec
  • Les représentations imagées

    • Image, illustration et photo

    • Les transparents

  • Les outils de communication de masse

    • Les supports audio

    • Les supports télévisuels

  • Le matériel imprimés et symboles visuels

    • Les imprimés

    • Les graphiques

  • L’environnement informatique et technologique

    • Cd-rom, logiciels

    • Sites Web

Cette liste n’est pas figée face aux évolutions rapides que nous connaissons ! Les supports pédagogiques ont évolué en qualité et en quantité, contrôlés au départ par un groupe de personne qualifiées, ils se sont aujourd’hui largement démocratisés devenant plus accessibles à la masse ! Pour ma part, j’utilise principalement l’environnement informatique. Mon travail d’analyse et mon expérimentation se porteront uniquement sur cette partie déjà très vaste des TICE.

Approche multimédiatique de la pédagogie

Ce type de démarche implique en premier lieu, une connaissance et un intérêt de ces différents médias de la part de l’enseignant ! L’enseignant se pose en concepteur, en chercheur et aussi en utilisateur.

La pièce maîtresse restant le « contenu », sans négliger les méthodes, et les objectifs pédagogiques visés qui seront obtenus via le matériel pédagogique et les médias utilisés.

Ces nouveaux outils ne sont pas la solution miracle à tous les problèmes de l’enseignement, mais ils peuvent conduire l’enseignant à innover et à structurer sa pensée et son travail.

! « L’apprenant » doit comprendre le contenu, le message envoyé par « l’enseignant ». Le niveau de compréhension du contenu par l’apprenant déterminera de la pertinence de telle ou telle solution technologique.

« Solutions technologique Cf. : Chapitre 7: Tutoriaux - Documentation : 4. Illustrations diverses : Classification des usages des TIC en éducation par Forcier p. 44»
« Il n’est pas inutile à cet effet de tester sur des personnes « neutres » et « innocentes » toutes les fonctions de votre système avant le « grand saut ». Un seul point en particulier, souvent imprévu, peut faire échouer la compréhension et provoquer un échec de votre mise en place!»
(3) Marcel Lebrun : Professeur à la faculté de psychologie et des sciences de l’éducation de l’université catholique de Louvain, ou il enseigne l’informatique, les nouvelles technologies, les méthodes d’élaborations de projets de formation et la pédagogie des TICE. Sa page facebook - son blog
(4) ICampus : Campus virtuel de l'UCL (Université catholique de Louvain) réalisé sur la base de Claroline.
(5) Claroline : est un logiciel Open Source de campus virtuel qui permet au professeur/formateur de créer et d'administrer son site de cours par le Web.
(6) Nicole Lebrun : Professeur au département des sciences et de l’éducation à l’université du Québec à Montréal, elle poursuit des recherches en didactique des sciences humaines.
(7) Serge Berthelot : Professeur au département des sciences et de l’éducation à l’université du Québec à Montréal, il est chercheur en technologie éducative et poursuit ses recherches dans le développement d’environnements multimédias et de logiciels appliqués à la formation.
(8) Information Infrastructure Task Force (1994). A transformation of Learning : Use of the NTI for Education and Lifelong Learning. Washington, DC. http://wested.org/
(9) Pierre Bordeleau : Professeur, Faculté des sciences de l'éducation, Université de Montréal.

InformaTICE => StatisTICE

Comme le démontrent les résultats de La troisième enquête de l'AWT (Belgique) , l’outil informatique s’est développé et imposé ces dernières années. Egalement, selon des enquêtes de Serge Berthelot (Québec - Canada) (7), le taux de satisfaction va de pair avec son utilisation croissante au niveau pédagogique.

Les points positifs que je dégage:

  • L’autonomie et l’intérêt de l’apprenant. Respect du rythme de travail de celui-ci.

  • Evaluation continue, possibilités de modifier les paramètres de difficultés et d’individualiser plus facilement l’enseignement. Possibilités de rétroactions, de revenir et approfondir des sujets.

  • La diversité des tâches.

  • L’aspect convivial, rapide et facile des logiciels et de la micro-informatique.

  • Relation continue entre les différents utilisateurs via le Web.

  • Obligation pour l’enseignant : d’organiser et de structurer le contenu du cours.
    L’enseignant doit envisager tous les cas de figures pour l’ordinateur qui lui, exécute des requêtes, des programmes sans réflexions, sans dévier du sujet comme le ferait le formateur.

  • Obligation pour l’apprenant : d’une participation active, l’ordinateur dispense des informations seulement suite à des requêtes.

Les points négatifs  que je constate:

  • Le manque de formation et de connaissances des enseignants.

  • De la découle le manque d’intérêt ou de conviction d’une partie du corps enseignant.
    Refus d’une remise à jour, voir d’une remise en question !

  • Le manque de moyens administratifs et financiers de certains établissements, et donc les difficultés d’achat de matériel.

  • Manque de personnes ressources en interne, pour la gestion, la maintenance du parc informatique ou pour dispenser des formations.

Ceci est confirmé par une baisse de l’utilisation de l’informatique à l’école en Belgique, qui contraste avec le développement en constante évolution au niveau privé, au domicile.

Egalement une étude américaine de 1994 (8), rapporte ceci en tirant la sonnette d’alarme:

  • Dans bon nombre d’écoles, le livre reste l’unité de base de l’instruction.

  • Les professeurs travaillent encore de manière isolée à l’inverse des professionnels.

  • Rares sont les enseignants qui utilisent les nouvelles technologies dans leurs classes.

  • L’ordinateur est utilisé comme un livre électronique, les possibilités interactives et dynamiques misent de côté !

  • L’évolution se heurte à un certain conservatisme.

Aux vues de cet état des lieux Outre-atlantique, qui a dit que nous étions différents de nos « cousins » d’Amérique ?

On peut donc dégager 3 types de facteurs influençant l’avènement ou a contrario l’échec des nouvelles technologies dans l’enseignement.

  • Les facteurs sociaux et culturels

    • Conflits entre les « avant-gardistes » où les « conservateurs », ces oppositions peuvent cependant déboucher sur des réflexions constructives, un juste milieu est à trouver, en évitant des décisions hâtives !

    • La télévision et Internet, entre autres, sont des supports très rapides de l’information de tout genre ! Certains contenus peuvent aller à l’encontre des us et coutumes, et des valeurs traditionnelles, voire religieuses de certaines catégories de population. Il s’agit de ne pas heurter les convictions personnelles et de trouver des solutions qui satisfassent la majorité.

  • Les facteurs économiques

    • L’efficacité de tel ou tel moyen technologique est difficilement vérifiable.
      Les paramètres coût et efficacité sont alors bien souvent confrontés.
      Ce genre d’estimation se fait à long terme, ce qui peut être négatif dans un système où on veut des résultats à l’année ! Et où le budget est restreint.
      Importance donc d’un projet bien étudié.

  • Les facteurs technologiques

    • Plusieurs paramètres doivent êtres pris en compte: la fiabilité, l’efficacité, la facilité…
      Notre quotidien subit une évolution technologique grandissante, il convient de réfléchir à des solutions compatibles et évolutives à long terme en ne perdant jamais de vue l’aspect pédagogique, qui doit primer sur le côté technologique !

Applications pédagogiques de l’outil

L’ordinateur doit donc être perçus comme un outil qui vient en support de l’enseignement. Le premières utilisations pédagogiques datent des années 70, époque où certains voyaient à moyen ou long terme, le remplacement pur et simple de l’enseignant par la machine.

Pour plus de précisions sur « l’histoire des applications des technologies en éducation »,
ce qui sort du cadre de mes propos, je vous renvoie aux notes de cours de Pierre Bordeleau, (9) http://www.scedu.umontreal.ca/sites/histoiredestec/.

Finies maintenant ces considérations futuristes et utopiques popularisées dans le film « Les sous doués » où une machine complexe dispensait le savoir, les récompenses et les punitions! L’enseignant doit rester le pivot central. Il détermine les objectifs à atteindre, le contenu de la matière, et en final, réalise une évaluation. L’outil informatique peut aisément remplir plusieurs fonctions basiques, qui vont de la gestion des notes, des présences, de l’horaire des cours … en d’autres termes : le dossier de l’étudiant ; en allant vers des fonctions plus élaborées : la création de logiciels, de sites pédagogiques, cd-rom ou autres applications pédagogiques, pour enfin devenir aussi un outil de recherche documentaire (cd-rom, Internet, banques de données). Cet outil sera plus ou moins performant en fonction du niveau de connaissances et d‘implication de l’enseignant et des apprenants.

Les TICE apportent une plus grande visibilité à mon cours, en tout temps et tout lieu. Les points forts étant l’attractivité propre à la nouveauté et surtout l’interactivité. Ces outils permettent de centraliser les informations, avec un accès immédiat pour les étudiants. Différents dispositifs peuvent êtres mis en place: évaluations et auto-évaluations; corrections en ligne; documents et liens annexes ; syllabus; animations explicatives; simulations; QCM en ligne; galerie de travaux ; forum…

Le coté administratif et organisationnel qui vient alourdir la charge de l’enseignant, est grandement facilité, ce qui permet de se recentrer sur le coté pédagogique.

La question « du diable »

Lors de l’énoncé du thème mon dossier pour le CAPAES sur le sujet des TICE, une question me fut posée. Elle rejoint les objections et interrogations de certains de mes collègues…

« Est-ce que tous ces procédés, ces techniques, ces mises en places… ne viennent pas couper toute initiative de la part de l’étudiant ? Ne suis-je pas en train de les materner avec toutes les retombées négatives que cela suppose? »

À la vue des résultats actuels, ma réponse est négative. Ces outils sont utilisés dans les deux sens, les contacts (mail, forum,…), les envois d’infos, les échanges de liens, le partage de documents et logiciels via cd-rom et sites Web…Toute cette richesse que je développe et explique dans le chapitre suivant, se fait et c’est important de manière bilatérale…Je ne force pas ces échanges, je les provoque.
Je suis la surtout comme un relais à leurs questions ; un fil conducteur, un catalyseur vers l’information, enfin un déclencheur vers plus d’autonomie et de créativité…

Après un sondage d’opinion auprès de mes étudiants en classe, il apparaît qu’ils sont favorables à l’intégration de ces technologies dans mon cours, surtout du point de vue organisationnel. Ils attachent toujours une importance prépondérante aux contacts et aux échanges directs en classe. L’outil informatique étant un complément, une aide supplémentaire au syllabus et au cours traditionnel. En final cet outil est connu et reconnu par les étudiants, qui l’utilisent journellement et se l’approprient, et bien souvent le maîtrisent plus que l’enseignant. Je viens en quelque sorte les « chercher » sur leur domaine.